Nous serons des parents incroyables.

Dans ce nœud que nous tissons chaque jour, il y a des enfants qui naissent et se reconnaissent.

Nous sommes leurs parents. Leur insécurité et leur traumatisme à la petite semaine.

Tu enfantes des filles à perte de vue. Tu les amuses en courant derrière elles.

Les filles rient et lancent du sable dans leurs cheveux.

                     Le bain de ce soir sera long.

Nous serons des parents incroyables. Tu m’as dit La vie est mouvement, en tirant ton joint entre tes dents. Tu m’as dit Je dois bouger pour être en vie, pour suivre ce qui m’habite et que Je sens.

Ta vie est mouvement. La mienne tourne autour de ce grésille permanent qui émane de toi. Je suis ton aura et ton socle, ton oreille et ta permanence. Je suis chez nous et tu es chez toi.

                    Tu as ta fille et j’ai la mienne.

                    Tu as ton char et j’ai le mien.

                    Ta maison et la mienne.

Deux chats. Deux comptes de banque. Deux lits. Deux laveuses. Deux sécheuses. Deux tables de cuisine. Deux barbeks. Deux divans.

C’est toi dans Hochelaga et moi dans Villeray.

C’est un coup de foutre qui a lancé l’affaire. Et un coup d'air qui l'a fait tomber.

Nombreuse sera notre descendance. Nous aurions été des parents incroyables.