la petite le le vieux 3Touchant.

Ce roman de Marie-Renée Lavoie, La petite et le vieux, se lit d’une traite et nous plonge dans la vie de la petite, vie triste mais truffée de petites tendresses quotidiennes.

C’est l’histoire de la petite qui voulait être grande tout de suite et du vieux qui voulait mourir immédiatement. Ces deux destins s’entrecroisent dans le quartier de Limoilou au hasard d’un voisinage misérable dans les années 80.

Hélène est Oscar et rêve aux côtés de son idole de bande-dessinée, Oscar, une femme forte qui se fait passer pour un homme au 18e siècle en France dans la garde rapprochée de Marie-Antoinette. Pour échapper à son milieu médiocre et déprimant, elle s’invente des épisodes spectaculaires où elle triomphe d’ennemis imaginaires. Hélène a huit ans. Et Roger, le vieux, qui vient de s’installer à côté de chez elle, parce que c’est à côté du dépanneur et de la bière, tisse avec elle une relation empreinte d’amour sous le couvert d'une apparente rudesse.

Hélène a commencé à distribuer les journaux et elle revient chez elle ce matin-là:

- Hé! Chérie! T’es ben p’tite pour traîner une grosse poche de même!

Eh oui! La vulgarité et les blagues faciles, l’apanage des vieux chnoques qui n’ont pas les moyens d’être autre chose. Encore un! Dans les films, pourtant, les vieux disent toujours des choses sensées, sages même, des vérités profondes qu’ils ont mis toute une vie à découvrir et à comprendre. Mais dans mon quartier, où ils pullulaient, c’était souvent des pervers usés, désabusés, finis, quand ils n’étaient pas carrément séniles, qui radotaient des âneries à cœur de jour. (p.20)

Un roman à lire absolument!