Deuxième roman de la trilogie 1984 d’Éric Plamondon, Mayonnaise nous plonge dans la vie et l’œuvre de Richard Brautigan, célèbre écrivain américain mort tragiquement en 1984, par le truchement des recherches de Gabriel Rivages, personnage miroir du roman. Les actes de l‘un permettent de comprendre l’autre. Par exemple, Rivages n’a jamais apprécié vraiment la poésie, mais c’est en lisant celle de Brautigan qu’il a aimé la splendeur et la brillance de ce genre. L’effet d’altérité, de regard sur l’autre, sur Brautigan, prend d’autant plus de punch que l‘identité de Rivages est dévoilée peu à peu. Les destins de deux hommes obliqueront de façon inattendue au fil du roman.

 

 

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Sous une forme très postmoderne, entendus comme éclatée et polyphonique, ce roman se lit d’une traite tant il est jouissif. Les 113 chapitres (!) tiennent souvent une demi-page et amorce l’histoire par petits traits. Comme un aquarelliste, Plamondon approche de son sujet avec maintes circonvolutions, que ce soit les techniques pour monter une mayonnaise, des nouvelles du journal Libération en 1984, l’écoute de « Cambridge 1969 » de John Lennon et Yoko Ono, l’invention du fusil par Remington et de la machine à écrire de Sholes, Gustave Eiffel et son Gadget, des dizaines de chemins sont ouverts dans tous les sens sans que nous ne comprenions bien où tout cela mène. Cependant, la cartographie se précise et c’est sur une finale saisissante que se termine Mayonnaise. À lire absolument!