Premier roman de la trilogie 1984 d’Éric Plamondon, Hongrie-Hollywood Express relate l’étonnant parcours de Johnny Weissmuller alias Tarzan, mort en 1984, par le truchement de la vie et des découvertes que fait Gabriel Rivages, personnage miroir du roman, homme reflet pour que surgisse le protagoniste.

 

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D’une écriture simple, mais saisissante, Plamondon fait surgir devant nos yeux les ramifications inusitées entourant la vie de cette vedette d’Hollywood qui est née en Hongrie dans une famille ayant immigrée aux États-Unis pendant la grande famine en Europe. Sous les yeux de la statue de la Liberté, Weissmuller est arrivé petit poupon dans les bras de sa mère en Amérique. Quelques années plus tard, fuyant le climat familial, il allait nager dans les eaux du lac Michigan avec son frère, le plus souvent possible. Il a ainsi développé une technique bien particulière de crawl en ne mettant jamais sa tête dans l’eau, à cause des déchets qui jonchaient le lac Michigan! Rapide et étonnamment efficace, il récoltera des médailles olympiques et sera sacré héros national. Récupéré ensuite par Hollywood, il incarnera Tarzan dans les films éponymes. Star déchue et spoliée de tout à la fin de sa vie, il meurt dans l’anonymat et l‘indifférence.

Ce parcours de vie intense  est livré par de petits récits qui s’enchevêtrent de façon inusitée pour former à la fin un grand ensemble de réseaux de sens, comme quoi tout est organiquement lié ensemble. On y croise Burroughs en vendeur de taille-crayons, Champlain en proie à la fièvre, les Beatles, Bartholdi et sa statue de la Liberté en Égypte. Si un comptoir commercial n’avait pas été installé au bord du lac Michigan, il n’y aurait pas eu Chicago, ni Weissmuller y nageant sa fuite, ni médaillé olympique, ni Tarzan.